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Yvan Plante
yvan@quebecbio.com
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| Pas de pays sans paysans -
01 décembre 2005 |
Un film dans la lignée de L'Erreur Boréale à voir absolument pour ceux qui sont préoccupés par les dérives de l'agriculture québécoise.
Pourquoi les campagnes deviennent-elles des parcs industriels couverts de maïs fossé à fossé? Pourquoi les vaches ne se promènent-elles plus dans les prés? Pourquoi nos boisés sont-ils rasés comme la forêt amazonienne? Pourquoi l'eau en milieu agricole est-elle empoisonnée? Pourquoi y a-t-il plus de cochons que de québécois et pourquoi leur nombre est-il toujours en hausse? Parce que les paysans sont devenus des producteurs agricoles. Nous produisons notre nourriture avec la même logique que les biens industriels. Toujours plus à moindre coût! Et les conséquences sont pelletées en avant, aux générations futurs.
On voit défiler devant nous les effets du productivisme et de la mondialisation. Sous prétexte de nourrir le monde à meilleur coût, quelques multinationales monopolisent la production de la nourriture. Comment est-ce arrivé? Ève Lamont donne la parole aux agriculteurs. Ils nous expliquent avec leurs mots comment on les dépossède. Intégrateurs, ceux qui transforment les paysans en salariés menottés, et vendeurs écument les campagnes et les vident de leur âme. Il faut produire plus et devenir plus gros, sinon vous disparaissez! C'est la logique. Regardez les « AMARICAINS ».
Sous prétexte de faire des économies, l'État a abandonné au secteur privé la tâche d'orienter l'agriculture. Les vendeurs de semences et intrants ont remplacé les agronomes du ministère de l'agriculture dans les campagnes. Les représentants commerciaux poussent leurs semences OGM et toute la panoplie de produits qui les accompagnent. Ce sont les croisés de la révolution verte, ils peuvent dire n'importe quoi. Plus personne ne leur répond.
Santé Canada, Agriculture Canada et nos ministères québécois ont fermé les services de recherche et laissé le champs libre aux compagnies privées. Désormais, ce sont les multinationales qui font la recherche sur leurs produits et l'État ne mène plus d'études de contrôle. L'État endosse et accrédite. Le renard est devenu gardien du poulailler. Les conséquences de ces démissions de notre État sont les mêmes au Canada qu'aux États-Unis.
Pourquoi est-il impossible de savoir s'il y a des OGM dans notre assiette au Québec? Parce que nous produisons des OGM, nous les vendons aux américains qui les mettent dans leurs produits qui reviennent dans nos supermarchés. Voilà! Les japonais ne veulent pas d'OGM. Bien! On donne nos OGM aux cochons et nous leur vendons les jambons.
En quelques années, la mondialisation a intégré les agricultures et les soumet à sa logique de monopolisation. Même le Parti québécois est tombé dans le piège. Il a consolidé les monopoles sous prétexte d'économie, de rentabilité et de cohésion sociale. Mais il a gravement compromis notre souveraineté alimentaire.
Quand on commet un crime en vendant des œufs, du lait ou du sirop d'érable à ses voisins, il y a quelque chose de fêlée. On n'a pas le droit de vendre des œufs à ses voisins, mais on a le droit de produire des cochons pour les japonais et détruire l'environnement.
Le droit de produire est devenu le droit de détruire.
Les paysans qui parlent dans le film Pas de pays sans paysans sont épuisés par leur lutte titanesque à mains nus contre la bêtise humaine. Combien faudra-t-il sacrifier de paysans avant que notre pays revienne au respect de la terre? Une valeur millénaire. S'il n'y a plus de paysans, pourra-t-il y avoir un jour un pays?
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Pour en savoir plus sur le film documentaire d'Ève Lamont, consulter le site internet de la maison de production Rapide Blanc http://www.rapideblanc.ca/.
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