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Yvan Plante
yvan@quebecbio.com
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| Combattre la malbouffe au Québec -
15 novembre 2005 |
Dans les pays du tiers monde des gens meurent de faim. C'est la malnutrition. Ici, on est malade parce qu'on mange trop et surtout mal. C'est la malbouffe caractérisée par l'épidémie d'obésité. Partout sur la planète terre, on est au prise maintenant avec le problème de l'alimentation.
Après les succès de la lutte contre le tabagisme, les gouvernement et les groupes de citoyens croient qu'on peut vaincre une habitude malsaine surtout quand elle affecte la santé publique. Tabac et malbouffe, même combat.
Le ministre des sports et des loisirs du Québec n'a-t-il pas suggéré récemment d'imposer une taxe sur la malbouffe pour en décourager la consommation et contribuer au financement d'installations sportives. Taxer le gras, le sucre, les additifs, le Coke, les Big Mac, quel phantasme! L'association Manger Santé Bio et l'Union des consommateurs discutent aussi de cette hypothèse. Ce fut quand même efficace avec le tabac. La malbouffe se présente avec des prix coupés, comme un aliment prêt-à-manger et rapidement accessible. C'est la recette.
Les malbouffeurs trouvent toujours trop cher les aliments de qualité et aussi les portions bien trop petites. Et la société embarque dans cette dynamique. Combien de consommateurs espèrent que les producteurs d'aliments sains pratiquent les mêmes bas prix pour leurs produits que les multinationales de la malbouffe? Comme si une carotte biologique coûtait le même prix à produire qu'une carotte industrielle. C'est certain, une taxe sur la malbouffe rééquilibrerait les choses en faveur du bon sens. On inclurait dans le prix des aliments nuisibles à la santé les coûts sociaux que nous devons tous payer avec nos taxes. Ce serait justice et mise en échec d'une concurrence déloyale pour les producteurs d'aliments sains.
Mais cette solution fait peur. Les décideurs la trouvent difficile à appliquer. Comprendre surtout qu'il faudrait affronter les américains. Et le conflit du bois d'œuvre nous montre tout le respect qu'ils ont pour les lois, même celles qu'ils ratifient. On est mieux de manger comme eux. C'est moins dangereux.
L'autre alternative, c'est l'éducation. Se réapproprier le monde de l'alimentation. Réapprendre à cuisiner des aliments sains que l'on produit au Québec. Ça c'est de la vraie indépendance. Mais les multinationales de la malbouffe nous chantent depuis si longtemps qu'on n'a plus le temps de cuisiner. Les multinationales du prêt-à-manger s'occupent de tout. Juste à réchauffer. Et le temps économisé, on pourra le prendre à écouter leurs commerciaux qui nous vantent la bouffe instantanée et pas cher qui nous apporte la liberté made in USA. Plus besoin de cuisiner. Juste à bouffer.
Dans les mégasupermarchés, dès que vous avez franchi le comptoir de fruits et légumes (qui fait office de réceptionniste maquillée), on vous offre le restaurant-en-can. Allée après allée, des milliers de produits transformés, suremballés et criards. Washe! C'est là qui est la fraude alimentaire. La masse de produits, le pire avec le pas pire. Et vous croyez économiser. Le panier le moins cher! Moins cher que quoi exactement?
Informer, exiger des étiquettes détaillées, dénoncer. On n'est même pas capable de savoir s'il y a des OGM dans nos produits étiquetés. On est devant un appareil militaro-alimentaire. Des régiments en ordre de bataille. Et adossés à un pouvoir financier colossal. Walmart, Loblaw, IGA, Weston et les autres. Ils vendent de tout. Éthique! Connais pas!
Les bas prix et le prêt-à-manger industriel contre les taxes et l'éducation. Voilà les forces en présence.
A son colloque sur la malbouffe d'octobre dernier, l'association Manger Santé Bio, après 20 ans d'existence, poursuivait toujours son combat rejoint par l'association des consommateurs, la Fondation Chagnon et l'Union Biologique Paysanne. Oui, il faut plus d'éducation, de conscientisation. Mais, il faut aussi que les gouvernements s'impliquent et donnent aux producteurs d'aliments sains un appui musclé.
Poursuivre la réflexion
La Fondation Chagnon a préparé un document d'une grande valeur pour nous éclairer sur la malbouffe au Québec :
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