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Yvan Plante
yvan@quebecbio.com
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| Espoir VERT -
15 janvier 2006 |
L'environnement et l'agriculture biologique sont les grands oubliés de la campagne électorale fédérale 2006. Aucune emphase sur l'environnement lors des quatre débats des chefs et presque rien durant les débats locaux. L'indépendance du Québec et les vieilles manœuvres financières des libéraux pour bloquer les indépendantistes occupent tout le terrain. Pendant ce temps, la planète se dégrade. J'ai l'impression de voir les musiciens du Titanic, en plus inconscients.
Qui a confronté Stephen Harper pour le forcer à mettre au clair sa position sur le protocole de Kyoto et la pollution atmosphérique? Bernard Derome en entrevue a dû se contenter d'une pirouette. On sait qu'un gouvernement conservateur sera tenté de promouvoir l'industrie pétrolière de l'Ouest et éloignera le Canada de ses responsabilités internationales. Qui a parlé du support nécessaire à l'agriculture biologique au Canada? Il n'y a pas de porteur de ballon. Les questions environnementales sont orphelines.
Beaucoup d'écologistes avaient mis leurs espoirs dans le Parti Vert. Mais à vouloir se donner des allures de Parti Politique National crédible, les verts se croient obligés de se donner une plate-forme complète et de se prononcer sur tout. Ce qui dilue leur message et leurs appuis.
L'environnement est un thème tellement important qu'il mérite un parti politique d'une seule idée qui talonne tout le monde.
Les analystes affirment que le NPD a le meilleur programme pour l'environnement. Sauf que le chef n'en parle pas. Il est cramponné aux milliards qu'il a arraché aux libéraux pour les maintenir au pouvoir quelques mois.
S'il y a une leçon à tirer des débats actuels, c'est le devoir d'éviter l'éparpillement pour les verts. Pour mettre sur la place publique une cause importante comme l'environnement et l'agriculture biologique, les groupes de pression doivent faire front commun sur ce qui les unit, sur leur raison d'être. Le Parti Vert, par exemple, a été créé pour porter le message de la planète en détresse. Ce message est tellement important qu'il exige qu'on le martèle sans cesse. Je déplore le fait que les verts se laissent entraîner dans toute les directions plutôt que de consacrer toutes leurs ressources à expliquer ce qui est leur raison d'être : témoigner de la dégradation de l'environnement et proposer des solutions.
L'Union Paysanne est menacée par la même tentation. L'éparpillement. C'est difficile de garder le focus sur l'essentiel. Mais il n'y a pas d'autre façon de faire passer un message dans un monde hypermédiatisé. Toujours taper sur le même clou. Les Conservateurs et le Bloc sont un bon exemple, cette année, de cette discipline. Mais c'est le thème de l'environnement qui est malheureusement passé sous silence!
Quel parti politique défendra le mieux l'environnement et l'agriculture biologique au Canada? Certainement pas les conservateurs et les libéraux. Et si les verts revenaient à l'essentiel de leur message et utilisaient les ressources financières que la loi électorale canadienne leur accorde pour dire haut et fort l'URGENCE D'AGIR en utilisant des Moyens Extraordinaires, à court, à moyen et à long terme.
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